En route vers le pays basque

Récit de notre étape d’Agen à Bilbao (3 au 9 juillet 2016)

Nous repartons après une journée reposante à Agen chez nos hôtes warmshowers, avec un gros sac de pruneaux dans la sacoche. Nous ratons tout juste le passage d’un bateau sur l’impressionnant pont-canal.

Nous suivons encore un bout de la véloroute le long du canal, puis bifurquons vers le sud. A notre grand bonheur nous croisons rapidement une boulangerie qui vend d’excellents pains au chocolat (ou chocolatines comme ils les appellent ici), et on passe quelque temps devant leur terrasse à bricoler notre compteur de kilomètre qui ne fonctionne plus (pour finir il faut changer le câble pour que ça remarche). On passe la plus grande partie de la journée à suivre une route toute droite, forêt des deux côtés, ça monte et descend et au bout d’un moment c’est un peu ennuyeux… et ça fatigue.

Donc quand nous arrivons en fin d’après-midi à Gabarret et voyons le panneau pour le camping et la piscine, nous n’hésitons pas longtemps !

Le lendemain nous passons par la boulangerie du village, puis nous apprêtons à prendre la voie verte qui commence ici. Mais elle ne ressemble pas aux autres voies vertes que nous avons pris jusqu’à maintenant, car elle est très… verte ! En fait elle n’est pas asphaltée, ce qui est certainement très sympa pour les randonneurs, mais nous la quittons dès que possible pour rouler sur une départementale tranquille où ça roule bien mieux.

Une voie vraiment verte!

Nous passons à Notre-Dame des cyclistes, petite église dédiée aux cyclistes près du village de Labastide-d’Armagnac, qui est fermée le lundi matin, et nous sommes lundi matin. Dommage. Au moins il y a des tables de picnic pour notre deuxième petit déjeuner, des toilettes et un du décor pour prendre des photos.

Nous continuons à bouder la voie verte et avançons bien sur nos routes. Par contre midi approche et nous n’avons pas encore rencontré d’épicerie ni de supermarché, nous n’avons que le pain. En arrivant à Villeneuve-de-Marsan nous arrivons, après quelques aventures, à acheter à manger et trouvons un endroit agréable pour le picnic. A partir d’ici la voie verte est asphaltée, on la prend et c’est bien agréable, avant de zigzaguer par de petites routes de campagne. Nous arrivons à St-Sever, où il faut monter rudement pour arriver au centre. Nous décidons de pousser encore un peu plus loin, jusqu’à Mugron où il doit y avoir un camping. Le chemin s’avère plus difficile que nous avons pensé, il fait assez lourd et il y a quelques montées. Quand finalement nous arrivons à Mugron, il est 19h30, le ciel s’est chargé de nuages gris, et nous entendons quelques coups de tonnerre à distance. Le camping ne nous tente donc pas trop, nous visons l’hôtel mais qui semble fermé définitivement. Juste à côté, une petite maison avec un panneau « chambres d’hôtes », on sonne sans hésiter, une dame énergique nous ouvre et nous accueille, la chambre est parfaite, il y a une grande salle de bains, et on peut utiliser la cuisine. En plus l’endroit est vraiment joliment décoré, avec plein de meubles et d’objets anciens. Le coup de chance, et une bonne nuit de sommeil pour nous.

Nous repartons un peu reposés, sillonner les routes entre ce qui semble être une immense monoculture de maïs (les panneaux à côté des champs ne nous font pas penser que c’est du bio…). Le seul avantage de ces champs est qu’ils sont irrigués, et avec un peu de chance on arrive à prendre une douche fraîche bienvenue dans la chaleur.

Ensuite c’est cap sur Bayonne, en longeant la rivière sur une route tranquille, mais qui devient de plus en plus grande et fréquentée en s’approchant de la ville. Juste quand ça commence à devenir à la limite du supportable il y a une piste cyclable qui apparaît. Ces petits moments de bonheur… A Bayonne on décide de passer la nuit dans un Bed&Breakfast pour nous éviter un détour pour arriver à un camping.

Le lendemain nous prenons l’Eurovélo 1, nous atteignons les 1000km et la côte atlantique. Nous longeons la côte, traversons Biarritz (plein de trafic et de touristes), faisons un petit aller-retour (qui inclut une grosse montée) pour trouver l’Intermarché où nous allons retirer une commande (la carte du nord de l’Espagne que nous n’avions pas trouvée à la librairie), et atteignons Hendaye où nous avons de la peine à trouver le chemin pour traverser le pont. Pour finir c’est un mendiant portugais qui nous l’indique… A Irùn nous sommes gentiment accueillis par Mikel (un ami de Miguel) et sa mère, c’est le bonheur de pouvoir prendre la douche puis juste s’asseoir à table avec le dîner servi !

Pour notre première étape en Espagne nous décidons de continuer à suivre les propositions de notre application GPS, qui a très bien fonctionnée en France. Nous décidons donc de ne pas suivre le chemin de St-Jacques, qui passe par le redoutable col Jaizkibel, mais de prendre une autre route. La sortie de la ville est un peu aventureuse et inclut une grosse route qui ressemble à une autoroute (on vous rassure, les vélos étaient autorisés !). Finalement tout se passe bien et nous arrivons dans les alentours de San Sebastian, où nous prenons une piste cyclable qui nous conduira confortablement à travers toute la ville, qui semble vraiment être une ville de cyclistes. Même les enfants roulent en ville.

Piste cyclable à San Sebastian

C’est à la sortie de la ville que le bonheur commence, sous forme d’une petite route très raide. On finit par pousser plusieurs fois, en plus il fait chaud et il faut boire tout le temps, c’est vraiment très fatigant.

Pour terminer le GPS nous amène sur une route à peine asphaltée qui termine en petit chemin qui descend sec sur la route nationale.

Elle est assez fréquentée mais c’est mieux que toutes ces montées ! La journée termine encore avec une montée dure jusqu’au camping, où nous pouvons enfin poser notre tente. Et comme les campings en Espagne sont bien plus grands qu’en France, pas besoin de cuisiner, il y a un resto qui offre un « menu pèlerins » à 9 Euros (entrée, plat, dessert et boissons).

Pour la suite du trajet en Espagne, nous avons appris notre leçon, c’est fini les petites routes. Nous commençons donc par éviter une grosse montée en suivant la route le long de la côte. La circulation est supportable, les gens semblent assez habitués aux cyclistes et nous laissent en général beaucoup d’espace (par contre pas forcément à celui qui vient en face…).

Pour finir ça grimpe quand même jusqu’à plus de 300 mètres d’altitude, mais ce n’est pas raide et tout à fait faisable.

Arrivés à Gernika nous prenons une chambre dans une pension. Fini les campings municipaux de la France, ici les campings sont limités aux régions côtières. Nous terminons la journée avec un repas dans un bon resto familial, où nous arrivons « tôt » pour avoir une table (donc, 20h30…).

Le lendemain il nous attend une petite étape, car nous allons nous arrêter à Bilbao pour une journée de repos. Nous commençons par un passage dans une petite boulangerie artisanale où nous achetons du pain et notre deuxième petit déjeuner qui sera vraiment énorme (voir plus bas)… On a encore des montées devant nous, mais tout se passe bien car il n’y a rien de spécialement raide. On est samedi et il y a énormément de cyclistes sur les routes, tout le monde a sorti le lycra et les vélos qui pèsent le tiers des nôtres. On croise quand même un couple de voyageurs sur un tandem avec une remorque qui sont aussi chargés que nous. En arrivant en haut d’un col, Miguel est déjà en train de discuter avec des cyclistes quel est le meilleur chemin pour arriver à Bilbao. On nous conseille de prendre encore une petite montée, puis de descendre jusqu’à la route nationale qui entre à Bilbao par le sud. Le conseil s’avère excellent, la nationale est tranquille (probablement parce que c’est samedi) et ce chemin nous évite de devoir franchir une des collines qui entoure la ville.

Mais pour l’instant nous avons encore une montée à faire, et au milieu nous sortons notre deuxième petit déjeuner du sac. Vous connaissez sûrement tous les palmiers ou cœurs de France, vous en avez vu de petits et de plus grands, mais ici ils en font des énormes. Avec une sorte de crème pâtissière dessus, et des flocons de coco et du croquant.

Et oui on a tout mangé, d’un coup. On fait des fois ce genre de choses un peu gores quand on voyage à vélo…

L’arrivée à Bilbao est donc assez tranquille, on arrive en début d’après-midi et se pose dans un parc ombragé pour boire un coca et faire picnic. A 16h nous sommes attendus par Iñigo, ami de Miguel, dont le père nous met gentiment à disposition son appartement au centre de Bilbao. C’est parfait pour un moment de repos : nous avons à disposition cuisine, machine à laver, Wifi, et une terrasse pour aérer nos sacs de couchage (qui ont une odeur de chien mouillé dont on peine à se débarrasser). On passe une journée de repos parfaite avec promenades en ville, visite du Musée Guggenheim, bonne bouffe et repos.

2 thoughts on “En route vers le pays basque

  1. Bonjour,
    Tout d’abord félicitations pour votre blog qui donne vraiment envie de partir parcourir le camino del norte! J’aurais néanmoins quelque questions. Nous sommes un couple avec deux enfants et nous envisageons nous aussi de suivre une partie de votre route de Biarritz jusqu’à Saint Jacques voir peut être un peu plus. Nous partirions avec un tandem (ma femme et ma fille de 7ans) et pour moi vélo+remorque (pour ma fille de 2ans).La chose qui nous fait un peu peur est le dénivelé qui a l’air important.
    Pensez vous que cela soit jouable pour nous ? Jusqu’à présent nos escapades se limitent à une dizaine de jours et là nous voudrions partir environ deux mois.
    Cordialement
    Renaud, Laure, Prune et Juliette

    1. Bonjour! Merci pour votre commentaire.
      Difficile de vous donner une réponse, car tout dépend de votre entraînement et de ce que vous êtes prêts à faire… Ce n’est certainement pas impossible, surtout si vous avez du temps (en deux mois vous pouvez prendre votre temps et surtout des jours de repos). C’est vrai qu’il n’y a quasiment pas de plat dans cette partie de l’Espagne. On vous conseille de vous tenir la plupart du temps aux routes nationales (comme décrit dans notre post spécifique sur le camino del norte: http://www.nextstopwhere.com/2016/10/16/camino-del-norte/), car le camino “traditionnel” suit souvent des routes non-asphaltées et parfois raides. Les routes nationales sont la plupart du temps assez tranquilles.
      Ce qui est sûr, c’est que cette route est belle, et si les montées-descentes ne vous font pas peur, elle vaut vraiment la peine!
      Bonne route,
      Eva et Miguel

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